SNCB : le retour de la grogne
RENETTE,ERIC
Jeudi 26 novembre 2009
Transports Après la rupture des négociations sociales sur B-Cargo
Les négociations sociales sont bel et bien à nouveau rompues entre direction et syndicats des chemins de fer. Depuis des mois, ceux-ci discutent de l’avenir de la division transport de
marchandises (B-Cargo), une activité ferroviaire dont la SNCB détient une confortable majorité (près de 90 %) mais qui est chroniquement en déficit depuis des années. Solution selon la direction
: « filialiser » l’activité dans une société purement privée afin de répondre de manière socialement plus équilibrée à la concurrence privée libéralisée au niveau européen. Les syndicats eux
entendent défendre les droits des employés, ex-fonctionnaires, qui devraient changer de statuts ou réintégrer une autre activité de la SNCB. Les discussions avaient plusieurs fois capoté, donnant
encore lieu à une grève générale début novembre.
Ces derniers jours, un apaisement social semblait acquis. Pour preuve, vendredi dernier, les syndicats avaient suspendu leur préavis de grève pour favoriser le dialogue dans les réunions
programmées cette semaine. Dès lundi pourtant, le front commun syndical claquait la porte, faute d’éléments concrets à discuter dans le cadre d’une éventuelle/probable filialisation de
l’activité.
Par éléments concrets, les syndicats francophones entendent le mécanisme social prévu pour une éventuelle mise à disposition d’une partie du personnel statutaire (la filialisation ne peut se concevoir sans qu’avec le transfert d’une partie des conducteurs de trains : lesquels, dans quel cadre social…). Les syndicats veulent
également disposer de la liste des fonctions vacantes, base de reconversion éventuelle, dans les autres activités de la SNCB (patrimoine, Infrabel…). Enfin, des questions plus communautaires sont
également posées concernant la pérennité du seul pôle wallon de l’activité marchandise (Monceau, près de Charleroi).
« Si c’est la fin du statut qu’ils veulent, qu’ils le disent clairement. On saurait alors vraiment ce qu’on négocie et on pourrait avancer », résume Dominique Dalne (CSC). « Qu’on arrête de jouer, moi je ne retourne pas discuter tant qu’on n’a pas de document concret à aborder… », confirme Gérard Gelmini (CGSP Cheminots) qui compte alerter la nouvelle ministre des entreprises publiques au plus tôt. Alors qu’au sein du groupe SNCB, certains estiment que des propositions concrètes respectant les obligations européennes en la matière sont déjà sur la table…
Avec ou sans reprise du dialogue social, les navetteurs, eux, s’inquiètent surtout des menaces d’application d’un préavis de grève qui pourrait à nouveau peser sur le réseau ferré. Les syndicats
disent que rien n’est à craindre immédiatement. Un retour vers les « bases » n’est prévu que pour le milieu de la semaine prochaine. D’ici là, aucun mouvement d’ampleur ne serait à craindre.
Du moins en théorie…

